BILAN NATUREL DES MARAIS DE LA DIVES

 

A) Présentation générale :

1) Situation géographique :

Les marais de la Dives se situent dans le département du Calvados, ils s’étendent de Biéville-Quétiéville, un peu au sud de la RN 13 jusqu'à la mer entre Dives sur mer et Merville-Franceville. Cet ensemble alluvial où serpente la Dives se trouve entre la Plaine de Caen et le Bocage du Pays d’Auge. La superficie de ce marais est de 11530 ha.

2) Son statut actuel :

Les marais de la Dives n’ont pas de statut particulier (Dossier Z.I.C.O.en cours...)

Ce milieu naturel abrite quelques raretés comme la cigogne blanche ( 30 couples en 2006 ) , une belle population nicheuse de pies grièches écorcheurs ( 80 à 120 couples) , le balbuzard pêcheur, le héron pourpré au passage, le hibou des marais en hivernage, le dernier noyau normand de pies grièches grises nicheuses (1 - 3 couples) et , en 1997, le râle des genêts et la marouette ponctuée ont été entendus.

Hivernage d'environ 3 à 5000 canards de surface  à la réserve de St-Samson.

Belle population de tariers des prés ( environ 200 couples répartis sur l’ensemble des prairies de fauche et pâtures ) et de fauvette aquatiques (Phragmites des joncs essentiellement ). Les couples de martins -pêcheurs sont à estimer.

Par ailleurs, le busard des roseaux a niché en 2003

L’intérêt de protéger ce site est de ce fait rendu évident car il constitue une zone d’accueil pour l’hivernage de l’avifaune sur les côtes normandes, et une zone de nidification pour plusieurs espèces d’intérêts patrimoniales.

Les marais de la Dives devraient donc bénéficier d’un statut spécifique qui puisse garantir leur préservation, leur valorisation, et une tranquillité nécessaire à leur rôle d’accueil des espèces naturelles.

3) L’environnement socio - économique :

a) L’agriculture :

L’agriculture est essentiellement fondée sur l’exploitation des milieux intermédiaires constitués de prairies de fauche et de pâtures bordés de haies et de fossés. Elle est surtout basée sur l’élevage des bovins pour la viande et le lait, mais on peut aussi remarquer le développement de la culture du maïs et l’apparition de peupleraies disséminées sur l’ensemble de la surface étudiée.

b) La chasse :

Elle a permis la préservation de certains milieux comme la réserve de St Samson qui est financée et gérée par la Fédération Départementale des Chasseurs du Calvados . Cette réserve accueille surtout les canards en hivernage . Malheureusement , ailleurs , à cause d'une pression importante, les marais ne jouent plus leur rôle d’accueil et de refuge.

Une chasse écologiquement responsable se doit de  respecter les équilibres naturels, c'est-à-dire arrêter la destruction des prédateurs, limiter dans le temps et l'espace les prélèvements , arrêter les lâchers de gibier, arrêter  l'introduction de nouvelles espèces qui perturbent les équilibres naturels, etc...

c) Le tourisme :

Il se développe de plus en plus. La campagne est de plus en plus plébiscitée : il suffit de voir le nombre de camping à la ferme et de gîtes ruraux. Les citadins ont besoin d'espace de qualité. Voilà une chance supplémentaire pour les exploitants qui veulent se diversifier. Avec le tourisme, il y a évidemment les loisirs qui eux aussi se diversifient et qui, mal contrôlés peuvent traumatiser les milieux naturels.

d) La pêche :

Elle peut jouer un rôle important dans la préservation des zones humides et dans la prévention de la pollution (nitrate, par exemple).

e) Les communes et les infrastructures :

- Les marais de la Dives sont composés de 52 communes qui sont pour la plupart des communes de types rurales. Certaines de ces communes se sont orientées vers l’élevage du cheval avec toutes les conséquences socio - économiques qui en découlent ( hippodrome, centre équestre...).

- Les marais de la Dives sont traversés par l’autoroute A13, des routes départementales (D513,D138, D40...) et des routes nationales (N175, N13...)

4) La géologie :

Le sous sol des marais est constitué de jurassique moyen et de crétacé supérieur.

B)Evaluation du patrimoine :

La faune :

à Liste des Mammifères :

- Le grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrunequinum)

- La pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus)

- Le renard (Vulvpes vulpes)

- La fouine (Martes foina)

- La belette (Mustela nivalis)

- L’hermine (Mustela erminea)

- Le lièvre commun (Lepos capeusis)

- Le lapin de garenne (oryctolagus cuniculus)

- Le campagnol roussâtre (Clethrionowys glaerolus)

- Le campagnol des champs (Microtus arvalis)

- Le campagnol agreste (Microtus agrestis)

- Le rat des moissons (Microwys minutus)

- La souris grise (Mus musculus)

- Le ragondin(Myocastoridés)

- Le rat musqué (Ondatra ziebethicus)

à Liste de l’avifaune des marais de la Dives où sont inclus le bois de Bavent et du Val Richer :

Nom Scientifique

Nom commun

Sédentaire

Hivernant

Nicheur

Migrateur

Accipiter nisus

Epervier d'Europe

u

u

u

 

Acrocephalus palustris

Rousserolle verderolle

   

u

 

Acrocephalus schoenobaenus

Phragmite des joncs

   

u

 

Acrocephalus scirpaceus

Rousserolle effarvatte

   

u

 

Aegithalos caudatus

Mésange à longue queue

u

u

u

 

Alauda arvensis

Alouette des champs

u

u

u

 

Alcedo atthis

Martin-pêcheur

u

u

u

 

Anas acuta

Canard pilet

 

quelque fois

 

u

Anas clypeata

Canard souchet

 

u

 

u

Anas crecca

Sarcelle d'hiver

 

u

 

prénuptiale

Anas penelope

Canard siffleur

 

u

 

u

Anas platyrhnchos

Canard colvert

u

u

u

 

Anas querquedula

Sarcelle d'été

   

exceptionnel

u

Anas strepera

Canard chipeau

 

u

 

u

Anser anser

Oie cendrée

 

exceptionnel

 

u

Anthus pratensis

Pipit farlouse

u

u

u

 

Anthus trivalis

Pipit des arbres

   

u

 

Apus apus

Martinet noir

     

u

Ardea cinerea

Héron cendré

 

u

 

u

Arthene noctua

Chouette chevêche

u

u

u

 

Asio flammeus

Hibou des marais

 

u

 

u

Asio otus

Hibou moyen - duc

u

u

u

 

Aythya ferna

Fuligule milouin

 

u

 

u

Aythya fuligula

Fuligule morillon

 

u

 

u

Buteo buteo

Buse variable

u

u

u

 

Carduelis cannabina

Linotte mélodieuse

u

u

u

 

Carduelis carduelis

Chardonneret

u

u

u

u

Carduelis chloris

Verdier d'Europe

u

u

u

u

Certhia brachydactyla

Grimpereau des jardins

u

u

u

 

Cettia cetti

Bouscarle de Cetti

u

u

u

 

Charadrius dubius

Petit gravelot

   

u

u

Charadrius hiaticula

Grand gravelot

     

stationnement

Circus aeruginosus

Busard des roseaux

 

u

u

u

Circus cyaneus

Busard Saint - martin

 

u

   

Cisticola juncidis

Cisticole des joncs

   

rare

 

Coconia ciconia

Cigogne blanche

u

u

u

u

Colomba oenas

Pigeon colombin

 

rare

 

u

Colomba palumbus

Pigeon ramier

u

u

u

u

Corvus corone

Corneille noire

u

u

u

u

Corvus frugilefus

Corbeau freux

u

u

u

u

Corvus monedula

Choucas des tours

u

u

u

u

Coturnix coturnix

caille des blés

     

u

Crex crex

Râle des genêts

   

exceptionnel

 

Cuculus canorus

Coucou gris

   

u

u

Cygnus olor

Cygne tuberculé

u

u

u

u

Dellichon urbica

Hirondelle de fenêtre

   

u

u

Dendrocopos major

Pic épeiche

u

u

u

 

Dendrocopos medius

Pic mar

u

u

u

 

Dendrocopos minor

Pic épeichette

u

u

u

 

Egretta garzetta

Aigrette garzette

u

u

   

Emberiza calandra

Bruant proyer

u

u

u

 

Emberiza cirlus

Bruant zizi

u

u

u

 

Emberiza citrinella

Bruant jaune

u

u

u

 

Emberiza schoeniclus

Bruant des roseaux

u

u

u

 

Erithacus rubecula

Rouge-gorge

u

u

u

 

Falco subbuteo

Faucon hobereau

   

u

 

Falco tinnunculus

Faucon crécerelle

u

u

u

 

Fringilla coelebs

Pinson des arbres

u

u

u

u

Fringilla montifingilla

Pinson du nord

 

u

 

u

Fulica atra

Foulque macroule

 

u

 

u

Gallinago gallinago

Bécassine des marais

 

u

 

u

Gallinula chloropus

Poule d'eau

u

u

u

 

Garrulus glandarius

Geai des chênes

u

u

u

u

Hippolais polyglotta

Hypolaïs polyglotte

   

u

 

Hippolais polyglotta

Hypolais polyglotte

   

u

 

Hirundo rustica

Hirondelle de cheminées

   

u

u

Lanius collurio

Pie-grièche écorcheur

   

u

 

Lanius excubitor

Pie-grièche grise

u

u

u

 

Larus argentatus

Goéland argenté

     

u

Larus canus

Goéland cendré

     

u

Larus ridibundus

Mouette rieuse

 

u

 

u

Limosa limosa

Barge à queue noire

     

u

Locustella luscinoïdes

Locustelle luscinoïde

   

rare

 

Locustella naevia

Locustelle tachetée

   

u

 

Loxia curvirostra

Bec croisé des sapins

     

u

Lusciniolus megarhynchos

Rossignol

   

u

 

Milvus migrans

Milan noir

   

exceptionnel

rare

Montacilla cinerea

Bergeronnette des ruisseaux

 

u

u

 

Motacilla alba

Bergeronnette grise

u

u

u

 

Motacilla flava

Bergeronnette printanière

   

rare

 

Motocilla flava flavissima

Bergeronnette flavéole

   

u

 

Muscicapa striata

Gobemouche gris

   

u

u

Numenius arnata

Courlis cendré

 

u

 

prénuptiale

Oenanthe oenanthe

Traquet motteux

     

u

Oriolus oriolus

Loriot d'Europe

   

u

 

Pandion haliaëtus

Balbuzard pêcheur

     

escale

Parus ater

Mésange noire

 

u

u

 

Parus caeruleus

Mésange bleue

u

u

u

 

Parus major

Mésange charbonnière

u

u

u

 

Parus palustris

Mésange nonnette

u

u

u

 

Passer domesticus

Moineau domestique

u

u

u

u

Passer montanus

Moineau friquet

 

possible

possible

 

Perdrix perdrix

Perdrix grise

   

rare

 

Pernis apivorus

Bondrée apivore

   

u

u

Phalacrocorax carbo

Grand cormoran

 

u

 

u

Phasianus colchicus

Faisan de chasse

 

#

#

 

Phasianus colchicus

Faisan vénéré

   

u

 

Philomachus pugnax

Chevalier combattant

 

en vague de froid

 

u

Phoenicurus achruros

Rougequeue noir

     

u

Phoenicurus phoenicurus

Rougequeue à front blanc

   

rare

 

Phylloscopus collybita

Pouillot véloce

peu

u

u

 

Phylloscopus sibilartix

Pouillot siffleur

   

u

 

Phylloscopus trochilus

Pouillot fitis

   

u

 

Pica pica

Pie bavarde

u

u

u

 

Picus viridis

Pic vert

u

u

u

 

Pluvialis apricaria

Pluvier doré

 

en nb réduit

 

u

Podiceps cristus

Grèbe huppé

 

u

 

u

Podiceps ruficollis

Grèbe castagneux

 

u

quelque fois

u

Prunella modularis

Accenteur mouchet

u

u

u

 

Pyrchuta pyrchuta

Bouvreuil

u

u

u

 

Rallus aquaticus

Râle d'eau

 

u

probable

 

Regulus ignicapillus

Roitelet triple - bandeau

u

u

   

Regulus regulus

Roitelet huppé

u

u

u

 

Riparia riparia

Hirondelle de rivage

     

u

Saxicola rubetra

Traquet tarier

   

u

 

Saxicola torquata

Traquet pâtre

u

u

u

 

Scolopax rusticola

Bécasse des bois

 

u

 

u

Serinus serinus

Serin cini

   

u

u

Sitta europea

Sitelle torchepot

u

u

u

 

Stix aluco

Chouette hulotte

u

u

u

 

Streptopelia turtur

Tourterelle des bois

   

u

u

Sturnus vulgaris

Etouneau sansonnet

u

u

u

 

Sylvia atricapilla

Fauvette à tête noire

 

u

u

 

Sylvia borin

Fauvette des jardins

   

u

 

Sylvia communis

Fauvette grisette

   

u

 

Sylvia curruca

Fauvette babillarde

   

u

 

Tadorna tadorna

Tadorne de belon

 

exceptionnel

 

u

Tringa hypoleucos

Chevalier guignette

     

u

Tringa nebularia

Chevalier aboyeur

     

prénuptiale

Tringa ochropus

Chevalier culblanc

     

u

Tringa totanus

Chevalier gambette

 

en vague de froid

 

prénuptiale

Troglodytes troglodytes

Troglodyte mignon

u

u

u

 

Turdus iliacus

Grive mauvis

 

u

 

u

Turdus merula

Merle noir

u

u

u

 

Turdus philomelos

Grive musicienne

u

u

u

 

Turdus pilaris

Grive litorne

 

u

   

Turdus viscivorus

Grive draine

u

u

u

 

Tyto alba

Chouette effraie

u

u

u

 

Vanellus vanellus

Vanneau huppé

u

u

peu commun

u

# :Statut impossible à préciser

- en France

- par la Directive Oiseaux du 2 avril 1979

- par la Convention de Berne du 19 septembre 1979

Nom Scientifique

Nom Commun

Protégé en France

Directive Oiseaux

Convention de Berne

Accipiter nisus

Epervier d’Europe

 

Annexe I

Annexe II

Alauda arvensis

Alouette des champs

 

Annexe II 2

Annexe III

Alcedo atthis

Martin pêcheur

 

Annexe I

Annexe II

Anas acuta

Canard pilet

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Anas clypeata

Canard souchet

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Anas crecca

Sarcelle d’hiver

 

Annexe III 2

Annexe III

Anas penelope

Canard siffleur

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Anas platyrhynchus

Canard colvert

 

Annexe II 1 et III 1

Annexe III

Anas querquedula

Sarcelle d’été

 

Annexe II 1

Annexe III

Anas strepera

Canard chipeau

 

Annexe II 1

Annexe III

Asio flammeus

Hibou des marais

u

Annexe I

Annexe II

Aythya ferina

Fuligule milouin

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Aythya fuligula

Fuligule morillon

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Charadrius hiaticula

Grand gravelot

   

Annexe II

Circus aeruginosus

Busard des roseaux

 

Annexe I

Annexe II

Circus cyaneus

Busard saint martin

 

Annexe I

Annexe II

Coconia ciconia

Cigogne blanche

u

Annexe I

Annexe II

Columba palumbus

Pigeon ramier

 

Annexe II 1 et III 1 et I

Annexe III

Conturnix conturnix

Caille des blés

 

Annexe II 2

Annexe III

Corvus frugilegus

Corbeau freux

 

Annexe II 2

Annexe III

Corvus monedula

Choucas des tours

 

Annexe II 2

Annexe III

Crex crex

Râle des genêts

u

Annexe I

Annexe II

Dendrocopos major

Pic épeiche

 

Annexe I

Annexe II

Dendrocopos medius

Pic mar

 

Annexe I

Annexe II

Egratta garzetta

Aigrette garzette

 

Annexe I

Annexe II

Frigilla coelebs

Pinson des arbres

 

Annexe I

Annexe II

Fulica atra

Foulque macroule

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Gallinago gallinago

Bécassine des marais

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Gallinula chloropus

Poule d’eau

 

Annexe II 2

Annexe III

Garrulus glandarius

Geai des chênes

 

Annexe II 2

Annexe III

Lanius collurio

Pie grièche écorcheur

 

Annexe I

Annexe II

Larus argentatus

Goéland argenté

 

Annexe II 2

Annexe III

Larus canus

Goéland cendré

 

Annexe II 2

Annexe III

Larus ridibundus

Mouette rieuse

 

Annexe II 2

Annexe III

Limosa limosa

Barge à queue noire

 

Annexe II 2

Annexe III

Numenius arquata

Courlis cendré

 

Annexe II 2

Annexe III

Pandion haliaëtus

Balbusard pêcheur

u

Annexe I

Annexe II

Perdix perdix

Perdrix grise

 

Annexe II 1 et III 1

Annexe III

Pernis apivorus

Bondré apivore

 

Annexe I

Annexe II

Phasianus colchicus

faisan commun

 

Annexe II 1 et III 1

Annexe III

Philomachus pugnax

Chevalier combattant

 

Annexe II 2 et I

Annexe III

Pica pica

Pie bavarde

 

Annexe II 2

Annexe III

Pluvialis apricaria

Pluvier doré

 

Annexe III 2 et II 2 et I

Annexe III

Ralus aquaticus

Râle d’eau

 

Annexe II 2

Annexe III

Scolopax rusticola

Bécasse des bois

 

Annexe II 1 et III 2

Annexe III

Streptopelia turtur

Tourterelle des bois

 

Annexe II 2

Annexe III

Sturnus vulgaris

Etourneau sansonnet

 

Annexe II 2

Annexe III

Tringa nebularia

Chevalier aboyeur

 

Annexe II 2

Annexe III

Tringa totanus

Chevalier gambette

 

Annexe II 2

Annexe II

Turdus iliacus

Grive mauvis

 

Annexe II 2

Annexe III

Turdus merula

Merle noir

 

Annexe II 2

Annexe III

Turdus philomelos

Grive musicienne

 

Annexe II 2

Annexe III

Turdus pilaris

Grive litorne

 

Annexe II 2

Annexe III

Turdus viscivorus

Grive draine

 

Annexe II 2

Annexe III

Vanellus vanellus

Vanneau huppé

 

Annexe II 2

Annexe III

La directive oiseaux :

Les oiseaux de l’annexe I font l’objet de mesures de conservation spéciale concernant leur habitat.

Les oiseaux de l’annexe II :

- Partie 1 :Espèce pouvant être chassées dans la zone géographique maritime et terrestre d’application de la directive.

- Partie 2 : Espèce pouvant être chassées seulement dans les Etats membres pour lesquelles elles sont mentionnées.

Les oiseaux de l’annexe III :

- Partie 1 : Espèces pour lesquelles la vente, le transport pour la vente, la détention pour la vente et la mise en vente ne sont pas interdits, pour autant que les oiseaux aient été licitement tués ou capturés ou autrement licitement acquis.

- Partie 2 : Espèces pour lesquelles la vente, le transport pour la vente, la détention pour la vente peuvent être autorisés, avec des limitations par Etats membres, pour autant que les oiseaux aient été licitement tués ou capturés ou autrement licitement acquis.

La convention de Berne :

Pour les oiseaux de l’annexe II il est interdit de les capturer, de les tuer, de détériorer leurs sites de reproduction ou leurs aires de repos, de les perturber dans la période de reproduction et d’hibernation, de ramasser leurs œufs et de faire du commerce avec ces oiseaux.

L’annexe III donnent les mesures pour maintenir l’espèce hors de danger :période de fermeture, mesures réglementaires d’exploitation, réglementation de la vente, du transport et de la détention.

On peut donc remarquer que les marais accueille de très nombreux oiseaux que l’on peut considérer comme rare.

à Liste des amphibiens :

- La grenouille agile ( Rana dalmatica )

- La grenouille rousse ( Rana temporaria )

- Le crapaud alyte ( Alytes obstetricans )

- La grenouille verte ( Rana esculenta )

à Liste des poissons :

La Dives et ses afluents (Dorette, Algot,Vie, Ancre) ont un grand intérêt piscicole :Frayères à migrateurs (Truites de mer, Saumons, Lamprois fluviatiles et Truites fario).

En définitive, c'est d'un secteur hétérogène, très riche en proies, avec des méthodes d'élevage et/ou d'agriculture de type extensif dont a besoin la pie grièche grise (lanius excubitor) . C'est en cela qu'elle est un excellent indicateur biologique et donc un témoin de la dégradation des milieux naturels modelés par l'homme .

Ces marais sont riches sur le plan avifaunistique, il faudrait donc les protéger et les valoriser par l’octroi d’un statut particulier (PNR ZPS, Chartre...).

la flore :

Flore d’une zone échantillon étudiée entre le littoral et la chaussée de Varaville

Ø Végétation de la Divette et des fossés :

La Divette et les fossés présentent le même type de végétation, hormis la plus grande présence des espèces flottantes au niveau des fossés où le courant est très faible.

Nous avons traité la rivière et les fossés au sens large, ce qui signifie que nous avons séparé les espèces aquatiques ( 1 ), celles des berges temporairement inondées ( 2 ), et celles qui forment la limite entre la prairie et la rivière.

Espèces aquatiques ( 1 ) :

- Callitriche à crochets ( Callitriche hamulata )

- Elodée du Canada ( Elodea canadensis)

- Myriophylle en épi ( Myriophyllum spicatum )

- Myriophylle verticillé ( Myriophyllum verticillatum )

- Nénuphar jaune ( Nuphar lutea )

- Potamot à feuilles pectinées ( Potamogeton pectinatus )

- Petit nénuphar ( Hydrocharis morsus - ranae )

- Renouée amphibie ( Polygonum amphibium )

- Cératophylle épineux ( Ceratophyllum demersum )

- Ceratophylle inerme ( Ceratophyllum submersum )

- Lentilles à trois lobes ( Lemna trisulca )

- Lentilles mineure ( Lemna minor )

- Lentilles gibbeuse ( Lemna gibba )

- Lentilles à plusieurs racines ( Spirodela polyrhiza )

- Alisma plantain d’eau ( Alisma plantago - aquatica )

- Fluteau fausse - renoncule ( Baldellia ranunculoides )

- Populage desmarais ( Caltha palustris )

- Iris jaune ( Iris pseu-dacorus )

- Lycope d’Europe ( Lycopus europaeus )

- Oenanthe de Lachenal ( Oenanthe lachenalii )

- Oenanthe fictuleuse ( Oenanthe fistulosa )

- Troscart des marais (Triglochin palustre )

- Massette à feuilles larges ( Typha latifolia )

- Massette à feuilles étroites ( Typha angustifolia )

- Patience des eaux ( Rumex hydrolapathum )

- Céleri faux - cresson ( Apium nodiflorum )

- Cresson officinal ( Nasturtium officinale )

- Jonc fleuri ( Butomus umbellatus )

- Prêle des eaux ( Equisetum fluviatile )

- Scirpe des chaisiers ( Scirpus tabernaemontani )

- Scirpe maritime ( Scirpus maritimus )

- Véronique mouron - d’eau ( Veronica anagallis - aquatica )

- Samole ( Samolus valerandi)

- Phragmite ( Roseau) ( Phragmites australis )

- Glycérie pliée ( Glyceria plicata )

- Myosotis des marais ( Myosotis scorpioïdes )

- Reine des près ( Filipendula ulmaria )

- Laîche divisée ( Carex divisa )

- Laîche velue ( Carex hirta )

- Laîche cuivrée ( Carex cuprina )

- Vulpin genouillé ( Alopecurus geniculatus )

- Renoncule scélérate ( Ranunculus sceleratus )

- Renoncule sardonie ( Ranunculus sardous )

- Scutellaire en casque ( Scutellaria galericulata )

- Salicaire ( Lythrum salicaria )

- Epilobe hirsute (Epilobium hirsutum )

- Scrophulaire aquatique ( Scrophularia auriculata )

- Cabaret des oiseaux ( Dipasacus sylvestris )

- Guimauve officinale (Althaea officinalis )

Ø La végétation halophile de la Dives

La Dives présente une partie des espèces d’eau douce citées précédemment. Par contre du fait de l’influence de la mer on voit apparaître une végétation halophile telle qu’elle se développe sur les vases des estuaires.

A côté du Roseau (Phragmites australis ), du Scirpe des chaisiers ( Scirpus tabernaemontani ), et de la grande Glycérie ( Glyceria maxima ) supportant les eaux saumâtres, on pourra noter :

- Spartine Townsend ( Spartina towsendi )

- Salicorne herbacée ( Salicornia ramosissima )

- Soude maritime ( Suaeda maritima )

- Obione ( Halimione portulacoides )

- Aster de Tripoli ( Aster tripolium )

- Spergulaire marginée ( Spergularia media )

- Glycérie maritime ( Puccinellia maritima )

- Plantain maritime ( Plantago maritima )

- Scirpe maritime ( Scirpus maritimus )

- Betterave maritime ( Beta vulgaris ssp.maritima )

Cette formation quasiment monospécifique n’est présente que de façon très ponctuelle sur le site, elle occupe des parcelles laissées à l’abandon ou des jachères. On y trouve :

- Phragmite ( Roseau) ( Phragmites australis )

- Baldingère ( Phalaris arundinacea )

- Grande Glycérie ( Glyceria maxima )

- Liseron des haies ( Calystegia sepium )

- Laîche cuivrée ( Carex cuprina )

- Renoncule scélérate ( Ranunculus sceleratus )

- Renoncule flamette ( Ranunculus flamula )

- Lysimaque commune ( Lysimachia vulgaris )

- Gaillet des marais ( Galium palustre )

- Scrophulaire aquatique ( Scrophularia auriculata )

- Scrutellaire casque ( Scutellaria galericulata )

- Jonc à tépales aigus ( Juncus acutiflorus )

- Menthe aquatique ( Mentha aquatica )

- Morelle douce - amère ( Solanum nigrum )

Ø Les bas marais :

Cette zone est très limitée dans l’espace car elle se situe dans une dépression au milieu d’une parcelle méso - hygrophile fauchée.

Le caractère très mouillant de cette dépression empêche qu’elle soit fauchée, ce qui permet le développement d’une formation où dominent les Scirpes et les Joncs.

- Scirpe maritime ( Scirpus maritimus )

- Scirpe des chaisiers ( Scirpus tabernaemontani )

- Jonc crapaud ( Juncus bufonius )

- Jonc glauque ( Juncus inflexus )

- Jonc à tépales aigus ( Juncus acutiflorus )

- Laîche cuivrée ( Carex cuprina )

- Glycérie pliée ( Glyceria plicata )

- Grande Glycérie ( Glyceria maxima )

- Vulpin genouillé ( Alopecurus geniculatus )

- Renoncule scélérate ( Ranunculus sceleratus )

- Renoncule flamette ( Ranunculus flamula )

- Myosotis des marais ( Myosotis scorpioides )

- Véronique mouron - d’eau ( Veronica anagallis - aquatica )

Ø Les prairies méso - hygrophiles :

Ces formations composent la majeure partie du secteur étudié. Elles sont utilisées pour la pâture et / ou la fauche. Cela implique une forte pression anthropique et une modification de la végétation par le bétail qui se traduisent par la présence d’espèces rudérales et pionnières dans les listes suivantes.

Nous regrouperont sous le nom de prairie méso - hygrophile les parties mésophiles et les parties plus hygrophiles qui se mélangent au sein d’une même parcelle à l’occasion de la moindre dépression.

- Houlque laineuse ( Holcus lanatus )

- Orge faux - seigle ( Hordeum secalium )

- Brome mou ( Bromus mollis )

- Jonc crapaud ( Juncus bufonius )

- Jonc glauque ( Juncus inflexus )

- Jonc à tépales aigus ( Juncus acutiflorus )

- Céraiste commun ( Cerastium fontanum )

- Chardon des champs ( Cirsium arvense )

- Consoude officinale ( Symphytum officinale )

- Douce - amère ( Solanum dulcamara )

- Achillée millefeuille ( Achillea millefolium )

- Chiendent commun ( Agropyrum repens )

- Agrostis géant ( Agrostis gigantea )

- Agrostis stolonifère ( Agrostis stolonifera )

- Bugle rampant ( Ajuga reptans )

- Vulpin des près ( Alopecurus pratensis )

- Flouve odorante ( Anthoxanthum odoratum )

- Avoine élevée ( Arrhenathérum elatius )

- Arroche étalée ( Atriplex patula )

- Ballote fétide ( Ballota nigra )

- Pâquerette ( Bellis perennis )

- Capselle bourse à pasteur ( Capsella bursa - pastoris )

- Chardon crépu ( Carduus crispus )

- Centaurée des près ( Centaurea thuillieri )

- Chénopode blanc ( Chenopodium album )

- Chardon commun ( Cirsium vulgaris )

- Senebière ( corne de cerf ) ( Coronopus squamatus )

- Crételle ( Cynosurus cristatus )

- Dactyle agloméré ( Dactylis glomerata )

- Pied - de - coq ( Echinochloa crus - galli )

- Fétuque roseau ( Festuca arundinacea )

- Gaillet gratteron ( Galium aparine )

- Géranium disséqué ( Géranium dissectum )

- Géranium herbe - à - Robert ( Geranium robertianum )

- Berce ( Heracleum sphondylium )

- Porcelle enracinée ( Hypochoeris radicata )

- Ivraie vivace ( Lolium perenne )

- Matricaire chamomille ( Matricaria chamomilla )

- Matricaire fausse - chamomille ( Matricaria matricarioides )

- Luzerne lupuline ( Medicago lupulina )

- Fléole des près ( Phleum pratense )

- Helminthe fausse - vipérine ( Picris echioides )

- Plantain lancéolé ( Plantago lanceolata )

- Plantain majeur ( Plantago major )

- Renouée des oiseaux ( Polygonum aviculare )

- Renouée à feuilles de patience ( Polygonum lapathifolium )

- Renouée persicaire ( Polygonum persicaria )

- Potentille des oies ( Potentilla anserina )

- Brunelle commune ( Prunella vulgaris )

- Renoncule âcre ( Ranunculus acris )

- Renoncule rampante ( Ranunculus repens )

- Oseille agglomérée ( Rumex conglomeratus )

- Oseille crépue ( Rumex crispus )

- Patience à feuilles obtuses ( Rumex obtusilolius )

- Oseille des bois ( Rumex sanguineus )

- Détaire verticillée ( Setaria verticillata )

- Silaüs des près ( Silaum silaus )

- Epiaire des bois ( Stachys sylvatica )

- Pissenlit ( Taraxacum vulgaris )

- Torilis du Japon ( Torilis japonica )

- Trèfle des près ( Tripholium pratense )

- Trèfle rampant ( Tripholium repens )

- Ortie dioïque ( Urtica dioica )

Ø Deux espèces sont proposées à la protection au niveau bas-normand :

- Myriophylle verticillée ( Myriophyllum verticilatum )

- Cératipylle inerme ( Ceratiphyllum submersum )

Ø Deux espèces rares au niveau départemental ou régional :

- Scirpe des chaisiers ( Scirpus tabernaemontani )

- Troscart des marais (Triglochin palustre)

Ø Espèces rares existantes sur l’ensemble des marais de la Dives d’intérêt régional :

- Scirpe à une écaille (Eleocharis uniglumis)

- Le sèneçon aquatique (Senecio aquaticus)

- Le Potamot de Berchtold (Potamogeton berchtoldii)

- L’Hydrocharis des grenouilles (Hydrocharis morsus ranae)

- le Flûteau fausse - renoncule (Baldellia ranunculoides)

Ø Espèce rare protégée au niveau national :

- La nivéole d'été (Leucojum aestivum)

On notera aussi que la présence d’une végétation halophile sur les berges de la Dives donne à cette rivière une richesse supplémentaire. La biodiversité paraît élevée au regard de la liste des espèces aquatiques mais les populations de chacune des espèces intéressantes sont souvent réduites, voire localisées en un seul point du secteur.

A souligner que des groupements végétaux sont considérés comme prioritaires au titre de la directive Habitats 92/43 CEE.

B) Critères qualificatifs d’évaluation du marais :

a) raretés, originalités :

C’est un milieu " intermédiaire " de type extensif modelé par l’homme et exploité de façon traditionnelle (pas de pesticide, peu d'engrais). Pour cette raison, ce milieu semi-naturel présente une biodiversité remarquable qui ne demande qu’à se développer en harmonie avec le développement économique ( celui des agriculteurs - éleveurs en particuliers).

De plus comme nous l’avons vu précédemment les marais accueillent des espèces rares qui sont protégées par la directive oiseaux, la convention de Berne et en France :Râle des genêts, Balbuzard pêcheur, Hibou des marais, Cigogne blanche...

b) diversité, taille :

Les marais de la Dives s’étendent sur environ 11530 hectares et sont constitués d’une mosaïque de zones marécageuses (marais de Varaville, marais de Vimont, marais du Ham, marais de la Dorette...). Cette entité " semi-naturelle ", constituée de prairies humides et prairies de fauche bordées de fossés, mérite d’être préservée et valorisée parce qu’elle accueille de nombreuses espèces faunistiques et floristiques remarquables de niveau national (espèces inscrites à l’annexe I et II de la directive oiseaux).

c) fragilité et menace :

Année après année, l’agriculture intensive gagne du terrain avec l’apparition de parcelles cultivées (maïsiculture...) et les peupleraies ,les constructions hétéroclites, les remblais , les campings "sauvages"se multiplient ,  L''A13 va être élargie à 2x3 voies .Par ailleurs se met en place la nouvelle politique agricole commune au niveau européen. Il est donc impératif de proposer rapidement aux acteurs, et en particulier aux agriculteurs - éleveurs, un projet de préservation et de valorisation de l’ensemble de ces marais !

C) Place des marais de la Dives dans un ensemble d’espaces protégés :

Les marais de la Dives sont classés en Z.N.I.E.F.F (Zone Naturelle d’intérêt Ecologique, Floristique, et Faunistique) de type I et II.

Les zones de types II sont :

Des grands ensembles naturels (massifs forestier, vallée, estuaire...) riches et peu modifiés, ou qui offrent des potentialités biologiques importantes.

Dans ces zones, il importe de respecter les grands équilibres écologiques, en tenant notamment compte du domaine vital de la faune sédentaire ou migratrice.

Elles correspondent généralement à des unités paysagères de qualité, autour desquelles devrait être développée une politique de partenariat écologique avec les principaux acteurs du monde rural.

De plus tous les petits marais qui constituent les marais de la Dives sont classés en zone de type I.

Les zones de type I sont :

Les secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional.

Ces zones, particulièrement sensibles à des transformations même limitées, supposeraient une politique forte de maîtrise d’usage à long terme, voire de protections réglementaires ou foncières.

Un cas particulier est celui des stations, zones très ponctuelles, dont l’intérêt peut être motivé par la seule présence d’une espèce rare.

Les marais de la Dives sont entourés de réserves :

- La forêt de Cerisy qui est classée Réserve naturelle

- Le coteau de Mesnil Soleil qui est classé Réserve naturelle

- La falaise du Cap Romain qui est classée Réserve naturelle

- La baie d’Orne qui est une ZPS et dont une partie appartient au conservatoire du littorale ;certains secteurs sont non chassés.

Par ailleurs, la réserve de St Samson est incluse dans les marais de la Dives

Les interactions entre ces sites les marais sont à étudier.

D)Les facteurs pouvant avoir une influence sur la gestion :

1) les tendances naturelles :

Si l’homme n’intervenait pas le milieu évoluerait vers une friche arbustive de types aulnaie - saulaie.

2) les tendances directement induites par l’homme :

à L'agriculture :

Les décisions qui ont été prise en 1998 dans le cadre de la loi d'orientation agricole au niveau national et pour la PAC (Politique Agricole Commune) au niveau européen vont retentir de plein fouet sur nos paysages et donc sur la biodiversité .

Détail sur la PAC : avis de commission européenne :

- prolongement de la réforme 1992 : diminution des prix et octroi d'aides directes,

- prise en compte des aspects environnementaux,

- simplification des règles de gestion communautaire,

- encourager la production dite de qualité ce qui implique une utilisation plus rationnelle des engrais , moins de pesticides et moins ou même l'arrêt d'utilisation d'hormones.

- suppression de la prime au maïs ensilage : 2030 à 2460 F par hectare ce qui va entraîner une diminution de la production de maïs .Or pour la pie grièche grise les champs de maïs sont pauvres écologiquement et ferment le paysage . C'est donc une bonne réforme pour cette espèce comme pour d'autres .

Ce qui pourrait favoriser une agriculture extensive (et c'est ce qu'il faut pour le maintien de la pie grièche grise )

Au cours des prochaines années, une importance accrue sera accordée aux instruments agri-environnementaux destinés à contribuer au développement durable des zones rurales et à répondre à un accroissement des exigences de la société en matière de services écologiques . Les mesures visant à maintenir et à améliorer la qualité de l'environnement doivent être renforcées et développées .

En vue de mieux intégrer l'environnement dans les organisations communes des marchés, la commission présentera une proposition autorisant les états membres à conditionner les paiements directs au respect des dispositions environnementales .

Une possibilité à étudier serait de tenir compte du fait que les zones défavorisées et les zones à hautes valeurs naturelles coïncident très largement et de transformer progressivement le régime de soutien correspondant en un instrument de base du maintien et de la promotion des méthodes de culture à faible consommation intermédiaire . Ces systèmes en raison de conditions géographiques spécifiques ou tout simplement pour des raisons de tradition séculaire, revêtent souvent une valeur considérable en termes de préservation des sites et de la nature : les marais de la Dives en sont un bel exemple.

L'agriculture de demain, en fonction des aides, sera-t-elle tournée vers la diversité, vers le respect des paysages (haies bocagères ou rivulaires, roselières, bosquets...), vers le respect de la santé des consommateurs par une utilisation plus rigoureuse et responsable des engrais et des produits phyto - sanitaires : insecticides, rodenticides...(ou leur non utilisation), vers le respect des zones humides qui régulent l'eau naturellement et constituent des lieux d'accueil pour les oiseaux migrateurs et hivernant; trop de marais disparaissent par assèchement pour favoriser le développement de parcelles de maïs ou de peupleraies qui ferment et stérilisent la vie. Il ne faut pas oublier qu’actuellement les plantations de peupliers sont, comme tout boisement, exonérées de la taxe foncière au titre de la replantation forestière, et, à partir d’un hectare, les plants sont pris en charge par la D.D.A.F. (Direction Départementale de l’Agriculture et des Forêts ). Un réel problème se pose donc quand se multiplient les peupleraires en zone sensible :les marais de la Dives en font partie et ils sont de en plus plus " mités " par ce type néfaste de reboisement. Il est temps de réagir...

L'élevage se tournera-t-il vers l'extensification dans le respect du milieu bocager, des vastes prairies de fauche et pâtures inondables en hiver? Ces sols tourbeux inondables

fonctionnent comme une éponge : en hiver ils absorbent, se gonflent d'eau et en été ils restituent une partie de l'eau et garantissent une herbe bien verte! Les consommateurs que nous sommes après les épisodes de vaches folles, de moutons ébrieux, souhaitent une viande de bonne qualité pas forcément issue du clonage... Le label de qualité doit se développer , stimulé par les aides afin de récompenser les producteurs respectueux de Dame nature et donc de l'homme.

à Les décideurs (élus, politiques) :

Ils ont un rôle important à jouer afin de limiter les "appétits" des promoteurs, aménageurs en tout genre qui n'ont qu'une idée en tête : exploiter la nature et en tirer un maximum financièrement et les tentations sont multiples.

E)Projets de préservation du Marais de la Dives :

Quels sont les projets possibles ?

- Extension ou création d’une Z.P.S (Zone de Protection Spéciale) :il s’agirait d’étendre la Z.I.C.O (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) existant actuellement pour le littoral augeron et qui correspond à la bordure Nord des Marais de la Dives (BNO7) et obtenir une mise en protection spéciale.

Les perspectives :

a) Objectifs à court terme :

Rencontrer les différents " utilisateurs "et les acteurs locaux de l’espace à préserver :

- agriculteurs - éleveurs

- maires des communes concernées

- chasseurs/pêcheurs

- observateurs de la nature

Seule une concertation entre tous peut amener à des mesures de protection et de gestion pérennes !

b) Objectifs à moyen terme :

- Assurer au site la tranquillité et la sécurité nécessaire pour le maintien et le développement de la faune et de la flore :par exemple assurer une escale pour les oiseaux migrateurs, en hivernage et / ou en période de nidification.

- Conservation et protection des habitats, des espèces végétales, notamment celles à forte valeur patrimoniale ceci afin de préserver la diversité paysagère.

Þ Effectuer un curage à la bonne époque (c’est à dire en automne) pour ne pas détruire un écosystème spécifique des bords des fossés.

- Zoner et aménager l’accueil du public pour une meilleure gestion des fréquentations sur le site :

Þ parkings, sentiers de découverte choisis de façon judicieuse dans un cadre de préservation.

- Faire un audit c'est-à-dire un bilan faune - flore afin d’optimiser  l’évaluation, le potentiel de la zone préservée:

Þ Réalisation d’études sur les micromammifères.

Þ Réalisation des études sur les pelotes de rejection de certains oiseaux.

Þ Réalisation d’un bilan floristique

Tout ceci afin de parfaire le bilan et les mesures conservatoires.

  • c) Objectifs à long terme :
  • - Conservation et protection des habitats d'intérêt patrimonial national.

  • Þ Conservation des prairies inondables avec les haies, les arbres et les arbustes.

    Þ Mise en réserve de certains "îlots" du marais de grande qualité sans utilisation d'engrais et / ou des pesticides (oasis naturels), afin de préserver l’existant naturel et le voir se développer.

  • - Ceci garantirait le maintien et le développement des espèces d'intérêt patrimonial, notamment celles à haute valeur nationale et régionale comme par exemple la Pie grièche grise, la Pie grièche écorcheur, le râle des gênets, la cigogne blanche, et le traquet tarier, ainsi que d’autres espèces dans le domaine floristique et faunistique.

    - Accueil et actions pédagogiques avec pour objectif le développement et le renforcement du rôle du PNR en matière d'accueil et d'éducation à l'environnement.

    Þ Création de panneaux d’informations explicites.

    Þ Accueil des classes dites de découverte, nature, de chantiers de jeunes...

    - Diversification des activités des acteurs du paysage :

    Þ Apporter une aide aux agriculteurs, éleveurs par exemple.

    - Création de camping à la ferme :

    Þ Accueil des jeunes à la ferme

    Þ Développement des spécialités régionales ou locales (calvados, cidre, fromages...)

    Þ Centres équestres

    Tout ceci pour pérenniser le pouvoir d’achat des agriculteurs et leur permettre de se maintenir en place.

    d) Proposition d’une agriculture biologique :

    La mise en Place d’une agriculture biologique est en pourparlers avec certains agriculteurs en collaboration avec la Direction Départementale de l’Agriculture.

    Qu’est ce qu’une viande biologique ? C’est une viande d’un animal qui mange de l’herbe sans engrais.

    Il ne faut pas confondre label et logo :

    - Un label comprend un type de production selon une race

    - Un logo est désigné pour un élevage.

    Les objectifs de la culture biologique sont :

    - de préserver l’existant

    - que le milieu assure la rentabilité

    - de tenir compte de l’environnement

    Pour qu’un agriculteur se reconvertisse en bio, il existe un délai selon la production. Dès l’accord il reçoit une aide pendant 2 ans par l’Europe grâce aux mesures agri-environnement.

    A partir du moment où l’agriculteur a obtenu le logo AB qui signifie qu’il fait de l’agriculture biologique il est contrôle au moins 2 fois/an par un organisme neutre.

    Après 2 ans d’agriculture biologique, l’agriculteur est sûr de vivre de sa viande bovine puisque la demande est forte. Celle ci va être vendue à l’abattoir d’Alençon.

    Le marché biologique représente 4.5% de la consommation des français alors que les produits sont 20 à 25% plus chers.

    Quels en seraient les bénéfices sur le plan humain ?

    Ne sommes nous pas dans un monde de stress où le besoin et la demande de retour à la campagne, à la nature se fait de plus en plus pressant ?

    Ce PNR peut et doit jouer un rôle de compensation. Il pourrait être un milieu de détente, de repos avec le " bruit " de la nature, et non des voitures. Un lieu de découverte avec ses sentiers, ses panneaux, ses activités de plein air...

     

    Mais, bien sûr, ce milieu ne doit pas être dégradé par l'homme, au contraire, puisqu'il en a besoin. Ainsi pourraient se développer toutes les propositions suggérés dans les objectifs.

    " Les gens de la ville " qui viennent à la campagne favorisent les échanges socio - culturels . Ils vont découvrir les produits locaux (cidre, calvados ...) et contribuer au développement économique de la région.

    Sans pour autant supprimer ces activités, le PNR pourrait permettre une chasse et une pêche plus rationnelles et respectueuses de la nature.

    Néanmoins, des mesures pourraient être prises pour améliorer la nidification au moment de la fermeture de la chasse :

    à maintien de l'eau dans les gabions et développement des roselières par exemple afin de favoriser la nidification des espèces palustres (butor étoilé, fauvettes aquatiques par exemple ) et limicoles ( petit gravelot par exemple ).

    à pour assurer plus de tranquillité en faveur des espèces farouches

    à pour un meilleur respect des écosystèmes :en évitant de planter des peupliers et pour garantir une diminution du niveau de prélèvement en période d'ouverture .

    Tout ceci permettraient que ce " loisir " soit plus en harmonie avec la nature .

    Et bien sûr, il sera important, sur le plan pédagogique, de sensibiliser les jeunes à l'environnement avec les classes vertes, les journées à la ferme, les promenades pour observer la nature...

    C’ est donc à la fois préserver le patrimoine environnemental de ce "pays", véritable polder coincé entre la plaine céréalière de Caen et le pays d'auge, et permettre un développement écologique respectueux des écosystèmes pour le plus grand bénéfice de tous .

     

    F)Extension de la ZICO :

    Ø Le classement en zone de protection spéciale :

    La directive oiseaux oblige chaque état membre à désigner en Zones de Protection Spéciale " les territoires les plus appropriés en nombre et en superficie " à la conservation des espèces de l’annexe I et des espèces migratrices en général, en attachant un intérêt particulier à la protection des zones humides d’importance internationale.

    La résolution du Conseil des ministres du 2 avril 1979 qui accompagne la directive, demande aux Etats membres de communiquer ces zones à la commission. Cette dernière dispose d’un Comité d’Adaptation de la Directive, qui doit fixer les critères de détermination des Z.P.S., ce qui n’a été que partiellement réalisé à ce jour. Cependant les critères d’identification des zones susceptibles d’être classées en Z.P.S ont été discutés pour permettre l’établissement d’inventaires nationaux.

    Ø La procédure de désignation :

    L’inventaire Z.I.C.O., établi à partir de critères scientifiques, va donc servir de base à la désignation des Zones de Protection Spéciales en France. Le classement en Z.P.S. correspond à l’engagement de l’Etat. Il est effectué par les autorités françaises (ministère de l’Environnement) qui communiquent les zones désignées à la Commission des Communautés Européennes en précisant les mesures de conservation, réglementaires ou contractuelles, mises en place dans ces zones.

    Au niveau local, une importante phase de consultation et de concertation préalable est nécessaire avant la désignation en Z.P.S. Cette phase est conduite par la D.I.R.E.N., sous l’autorité du Préfet, et avec la participation des administrations (D.D.E, D.D.A.F, Préfecture Maritime...) et autres services de l’Etat concernés. Les propositions sont alors transmises au ministère de l’Environnement qui procède à la désignation.

    La désignation en ZPS peut - être envisagée sur la bases de mesures conservatoires très diverses :

    CEE, figurant à l’inventaire réalisé dans le cadre de la Directive 79.409/CEE ". Ainsi, la conjonction d’une Z.I.C.O. et d’un espace reconnu comme devant faire l’objet du L 146-6 peut permettre la désignation d’une Z.P.S.

    La procédure de la désignation en Z.P.S, conduite localement sous la responsabilité du Préfet, devrait suivre le schéma théorique suivant :

    1. Identification des problèmes clés et des menaces pesant sur la populations d’oiseaux ou leurs habitats.
    2. Recherche de mesures de protection et d’utilisation rationnelle à mettre en œuvre.
    3. Phase de consultation auprès des différents acteurs locaux.
    4. Recherche éventuelle de fonds pour financer des mesures incitatives.
    5. Application éventuelle des mesures réglementaires retenues ou signature des chartes et conventions lorsqu’il s’agit de mesures contractuelles.
    6. Déclaration en ZICO/ Z.P.S par le Ministère de l’Environnement.

     

    Ø Une zone Z.I.C.O. existante en bordure Nord des Marais de la Dives:

    Le littoral augeron situé en bordure Nord des Marais de la Dives sont classés en zone Z.I.C.O. (BNO7 :Basse Normandie O7 ).

    Cette zone de protection pourrait être étendue à l’ensemble des marais de la Dives étant donné qu’ils accueillent des espèces répertoriés dans l’annexe I de la directive oiseaux et, en ce qui concerne la flore, certains groupements végétaux sont considérés comme prioritaires au titre de la directive Habitats.

     

    G) Charte de préservation des marais de la Dives :

    Ø Une charte pour l’environnement existe entre les communes de Dives sur-Mer, Varaville, Cabourg et Houlgate depuis février 1998.

    Quelle est sa portée en terme de préservation?

    Un arrêté de biotopes ne devrait-il pas être pris immédiatement par la préfecture ?

    Emmanuelle .FONTEILLE (rapport de stage) et Marc .DEFLANDRE

    Retour Accueil