| MESURES CONSERVATOIRES |

Il
faut, autour de soi , pour exister , des réalités qui durent"
Antoine de Saint-Exupéry
-Un arrêté de biotope à instaurer immédiatement eu égard aux populations animales inscrites à l'Annexe 1 de la Directive de Bruxelle (Pie-grièches écorcheurs, cigognes blanches,etc...) par décision préfectorale.
- Extension de la Z.I.C.O.et création d’une Z.P.S (Zone de Protection Spéciale) :il s’agirait d’étendre la Z.I.C.O (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) existant actuellement pour le littoral augeron et qui correspond à la bordure Nord des Marais de la Dives (BNO7) et obtenir une mise en protection spéciale.
A) Arrêté de biotope
B) extension de la ZICO :
Ø Le classement en zone de protection spéciale :
La directive "Oiseaux" oblige chaque Etat membre à désigner en Zones de Protection Spéciale " les territoires les plus appropriés en nombre et en superficie " à la conservation des espèces de l’annexe I et des espèces migratrices en général, en attachant un intérêt particulier à la protection des zones humides d’importance internationale.
La résolution du Conseil des ministres du 2 avril 1979 qui accompagne la directive, demande aux Etats membres de communiquer ces zones à la commission. Cette dernière dispose d’un Comité d’Adaptation de la Directive, qui doit fixer les critères de détermination des Z.P.S., ce qui n’a été que partiellement réalisé à ce jour. Cependant les critères d’identification des zones susceptibles d’être classées en Z.P.S ont été discutés pour permettre l’établissement d’inventaires nationaux.
Ø La procédure de désignation :
L’inventaire Z.I.C.O., établi à partir de critères scientifiques, va donc servir de base à la désignation des Zones de Protection Spéciales en France. Le classement en Z.P.S. correspond à l’engagement de l’Etat. Il est effectué par les autorités françaises (ministère de l’Environnement) qui communiquent les zones désignées à la Commission des Communautés Européennes en précisant les mesures de conservation, réglementaires ou contractuelles, mises en place dans ces zones.
Au niveau local, une importante phase de consultation et de concertation préalable est nécessaire avant la désignation en Z.P.S. Cette phase est conduite par la D.I.R.E.N., sous l’autorité du Préfet, et avec la participation des administrations (D.D.E, D.D.A.F, Préfecture Maritime...) et autres services de l’Etat concernés. Les propositions sont alors transmises au ministère de l’Environnement qui procède à la désignation.
La désignation en ZPS peut - être envisagée sur la bases de mesures conservatoires très diverses :
CEE, figurant à l’inventaire réalisé dans le cadre de la Directive 79.409/CEE ". Ainsi, la conjonction d’une Z.I.C.O. et d’un espace reconnu comme devant faire l’objet du L 146-6 peut permettre la désignation d’une Z.P.S.
La procédure de la désignation en Z.P.S, conduite localement sous la responsabilité du Préfet, devrait suivre le schéma théorique suivant :
Ø Une zone Z.I.C.O. existante en bordure Nord des Marais de la Dives:
Le littoral augeron situé en bordure Nord des Marais de la Dives sont classés en zone Z.I.C.O. (BNO7 :Basse Normandie O7 ).
Cette zone de protection pourrait être étendue à l’ensemble des marais de la Dives étant donné qu’ils accueillent des espèces répertoriés dans l’annexe I de la directive oiseaux et, en ce qui concerne la flore, certains groupements végétaux sont considérés comme prioritaires au titre de la directive Habitats.
C) Charte de préservation des marais de la Dives :
Ø Une charte pour l’environnement est entrain de se créer entre les communes de Dives sur mer, Varaville, Cabourg et Houlgate depuis février 1998.
Ø Une étude durant 5 ans sur le bassin aval de la Dives et qui concernerait 10 municipalités incluses dans les marais.
D)Les perspectives :
Rencontrer les différents " utilisateurs " et les acteurs locaux de l’espace à préserver :
- agriculteurs - éleveurs
- maires des communes concernées
- chasseurs
- observateurs de la nature
Seule une concertation entre tous peut amener à des mesures de protection et de gestion pérennes !
- Assurer au site la tranquillité et la sécurité nécessaire pour le maintien et le développement de la faune et de la flore :par exemple assurer une escale pour les oiseaux migrateurs, en hivernage et / ou en période de nidification.
- Conservation et protection des habitats, des espèces végétales, notamment celles à forte valeur patrimoniale ceci afin de préserver la diversité paysagère.
- Zoner et aménager l’accueil du public pour une meilleure gestion des fréquentations sur le site :
- Faire un audit c'est-à-dire un bilan faune - flore afin d’optimiser l’évaluation, le potentiel de la zone préservée:
Þ Réalisation des études sur les pelotes de rejection de certains oiseaux.
Þ Réalisation d’un bilan floristique
Tout ceci afin de parfaire le bilan et les mesures conservatoires.
- Conservation et protection des habitats d'intérêt patrimonial national.
Þ Mise en réserve de certains "îlots" du marais de grande qualité sans utilisation d'engrais et / ou des pesticides (oasis naturels), afin de préserver l’existant naturel et le voir se développer.
- Ceci garantirait le maintien et le développement des espèces d'intérêt patrimonial, notamment celles à haute valeur nationale et régionale comme par exemple la Pie grièche grise, la Pie grièche écorcheur, le râle des gênets, la cigogne blanche, et le traquet tarier, ainsi que d’autres espèces dans le domaine floristique et faunistique.
Þ Création de panneaux d’informations explicites.
Þ Accueil des classes dites de découverte, nature, de chantiers de jeunes...
- Diversification des activités des acteurs du paysage :
Þ Apporter une aide aux agriculteurs, éleveurs par exemple.
- Création de camping à la ferme :
Þ Accueil des jeunes à la ferme
Þ Développement des spécialités régionales ou locales (calvados, cidre, fromages...)
Þ Centres équestres
Tout ceci pour pérenniser le pouvoir d’achat des agriculteurs et leur permettre de se maintenir en place.
Ces objectifs qu'ils soient à moyen ou à long terme rentrent dans les conditions générales nécessaires pour la création d'un PNR.
La mise en Place d’une agriculture biologique est en pourparlers avec certains agriculteurs en collaboration avec la Direction Départementale de l’Agriculture.
Qu’est ce qu’une viande biologique ? C’est une viande d’un animal qui mange de l’herbe sans engrais.
Il ne faut pas confondre label et logo :
- Un label comprend un type de production selon une race
- Un logo est désigné pour un élevage.
Les objectifs de la culture biologique sont :
- de préserver l’existant
- que le milieu assure la rentabilité
- de tenir compte de l’environnement
Pour qu’un agriculteur se reconvertisse en bio, il existe un délai selon la production. Dès l’accord il reçoit une aide pendant 2 ans par l’Europe grâce aux mesures agri-environnement.
A partir du moment où l’agriculteur a obtenu le logo AB qui signifie qu’il fait de l’agriculture biologique il est contrôle au moins 2 fois/an par un organisme neutre.
Après 2 ans d’agriculture biologique, l’agriculteur est sûr de vivre de sa viande bovine puisque la demande est forte. Celle ci va être vendue à l’abattoir d’Alençon.
Le marché biologique représente 4.5% de la consommation des français alors que les produits sont 20 à 25% plus chers.
4) Quels en seraient les bénéfices sur le plan humain ?
Ne sommes nous pas dans un monde de stress où le besoin et la demande de retour à la campagne, à la nature se fait de plus en plus pressant ?
C'est un milieu de détente, de repos avec les " bruits" de la nature, et non des voitures. Un lieu de découverte avec ses sentiers, ses panneaux, ses activités de plein air...
Bien sûr, ce milieu ne doit pas être dégradé par l'homme, au contraire, puisqu'il en a besoin. Ainsi pourraient se développer toutes les propositions suggérés dans les objectifs.
" Les gens de la ville " qui viennent à la campagne favorisent les échanges socio - culturels . Ils vont découvrir les produits locaux (cidre, calvados ...) et contribuer au développement économique de la région.
Sans pour autant supprimer ces activités, le PNR pourrait permettre une chasse et une pêche plus rationnelles et respectueuses de la nature.
Néanmoins, des mesures pourraient être prises pour améliorer la nidification au moment de la fermeture de la chasse :
à maintien de l'eau dans les gabions et développement des roselières par exemple afin de favoriser la nidification des espèces palustres (butor étoilé, fauvettes aquatiques par exemple ) et limicoles ( petit gravelot par exemple ).
à pour assurer plus de tranquillité en faveur des espèces farouches
à pour un meilleur respect des écosystèmes :en évitant de planter des peupliers et pour garantir une diminution du niveau de prélèvement en période d'ouverture .
Tout ceci permettraient que ce " loisir " soit plus en harmonie avec la nature .
Et bien sûr, il sera important, sur le plan pédagogique, de sensibiliser les jeunes à l'environnement avec les classes vertes, les journées à la ferme, les promenades pour observer la nature...
C’ est donc à la fois préserver le patrimoine environnemental de ce "pays", véritable polder coincé entre la plaine céréalière de Caen et le pays d'auge, et permettre un développement écologique respectueux des écosystèmes pour le plus grand bénéfice de tous .
Emmanuelle .FONTEILLE (rapport de stage) Marc DEFLANDRE